El Ágora

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Communalism experiment / Expérience concrète dans la Meuse

A great opportunity to launch the “practical” part of this forum : there is an article in S!lence of february (summary of one from Courant alternatif, N°348 March 2025) about an libertarian municipalism experiment in France, at the (small) village of 190 inhabitants in the Meuse. The political change began in 2020, when a previous mayor get inspired by Janet Biehl’s book The politics of social ecology and run with a list on direct democracy ideas. Nobody wanted to be mayor as it seems. 

Many interesting facts here :

– The Assembly take the decision, the official executif of City hall validate them. Doing so, it permits to get along with the official institutions. (The article does not say whether the town hall also makes day-to-day decisions independently, but it probably does.)

– It says that the atmosphere of the village went better throught this experience. More people get used to talk at the assembly, and be socially more actif one with another. It vitalizes the village’s activity.

– It is not a progessive place. 40-60% people voted far-right at the national & european elections. That might be a good news I would say, but difficult to interpret.

– The participation is along 40 to 80 people by assembly. On 120 people that can actually come (no information here about foreigner), 107 came at least once. It seems very good.

Something to follow.


Voici une belle occasion d’inaugurer la parte «expérience pratique» de ce forum. Un article est paru dans la revue S!lence de février (extrait d’un article plus long paru dans Courant Alternatif, N°348, mars 2025), sur une expérience dans un petit village de la Meuse, de 190 habitants. Le changement politique a commencé suite aux élections de 2020. Un ancien maire, qui a lu et s’est trouvé inspiré par Le Municipalisme libertaire de Janet Biehl, et s’est présenté aux élections avec une liste (unique) sur un programme de démocratie directe. Personne n’était tenté de devenir maire apparemment, ce qui a permis à l’assemblée de prendre sa place.

Plusieurs éléments intéressants dans cette expérience :

– L’assemblée prend les décisions politiques, qui sont ensuite officiellement validées par la mairie. Ca permet de garder les institutions officielles tout en y instaurant la démocratie directe. (L’article ne dit pas si la mairie prend des décisions courantes de façon autonome également, sans doute que oui).

– On apprend que cette expérience a amélioré l’ambiance dans le village. Davantage de personnes prennent l’habitude de s’exprimer lors des assemblées et sont plus actives socialement les unes avec les autres. Cela a visiblement dynamisé l’activité du village de façon très positive. Un argument pas assez souvent mis en avant.

– Ca n’a pas lieu dans un village politiquement à gauche ou progressiste. La majorité visiblement vote plutôt extrême-droite (en tout cas au niveau national/européen). C’est un point intéressant, mais il faut se garder de le juger trop rapidement je pense. C’est à mes yeux plutôt une bonne nouvelle.

– Sur 120 «votants» (que j’interprète comme personnes majeurs ayant droit au vote, la question des étrangers serait à poser), 107 ont participé au moins une fois à une assemblée. C’est une bonne statistique.

Affaire à suivre.

 

Et voici le lien trouvé vers l’article paru dans Courant Alternatif:

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4385

Merci pour le lien vers l’article paru dans Courant Alternatif — intéressant.

J’imagine que tu connais Ménil-la-Horgne, ce petit village de la Meuse dont il est traité dans cet article et que Sixtine Van Outryve aborde à plusieurs reprises dans sa thèse (2023–2024) : https://dial.uclouvain.be/pr/boreal/en/object/boreal%3A286526

Cela dit, il me semble important de marquer une différence de fond. Comme tu le sais probablement mieux que moi, pour Murray Bookchin, le municipalisme libertaire restait pensé comme une hypothèse transitoire et conditionnelle : la possibilité, dans un contexte donné et bien particulier — à mon sens bien éloigné du contexte français, où les communes n’ont plus guère qu’une autonomie résiduelle —, qu’un conseil municipal soit subordonné à une assemblée populaire déjà constituée, souveraine et préexistante, et non l’inverse.

Or, les expériences plus récentes qui se réclament du « municipalisme » montrent plutôt l’inverse : même lorsqu’elles mobilisent un vocabulaire participatif ou citoyen, elles demeurent inscrites dans le cadre institutionnel de l’État, sous son contrôle direct ou indirect (juridique, budgétaire, administratif). Dans ce sens, il s’agit moins d’un municipalisme libertaire que d’un municipalisme tout court, qui ne rompt ni avec la logique étatique ni avec la délégation du pouvoir.

C’est précisément pour cette raison que nous peinons à y voir une stratégie révolutionnaire au sens fort, mais plutôt une modalité de gestion politique aménagée, fût-elle plus « locale » ou plus « ouverte » dans ses formes.

 

 

Merci pour ta réponse et pour la référence à la thèse de Sixtine van Outryve (que je n’ai pas lue, mais dont je serai content de savoir ce qu’elle dit sur cette expérience effectivement). 

Je suis d’accord avec ton commentaire sur les limites de l’expérience actuelle à Ménil-l-H., mais je pense qu’il ne faut pas se voiler la face non plus : dans la position de faiblesse dans laquelle se trouve le municipalisme libertaire aujourd’hui, il faut bien un point de départ, et cela passera sera sans doute forcément (mais je peux me tromper et tant mieux si c’est le cas) par des expériences imparfaites du type de celles-ci. Bookchin ne disait pas autre chose non plus quand il appelait à former des assemblées populaires, à chercher à les faire grandir et à leur faire acquérir une légitimité démocratique toujours plus grande pour voir grandir leur pouvoir politique effectif jusqu’à être en mesure de supplanter le pouvoir en place. Ouvrir de telles espaces de démocraties directes, ça reste à mes yeux une porte d’entrée, une façon d’instiller le «virus de démocratie directe» si j’ose dire. 

Après, et c’est un peu toujours la même question : sans parvenir à essaimer et inspirer d’autres expériences, en France ou ailleurs, ça restera une gestion politique aménagée comme tu le dis et comme on en trouve dans beaucoup de petites communes, en tout cas en Suisse. Et il n’y a effectivement pas d’ambition affichée (ni possibilités sans doute à leur niveau) pour aller au-delà. Mais à nouveau, même si ce n’est qu’une première étape, je le vois vraiment d’un œil positif, surtout compte tenu du contexte dans lequel nous nous trouvons. Et si ça peut inspirer ailleurs et faire bouger les lignes, remettre du mouvement et de l’innovation dans des structures figées, c’est plutôt bon à prendre.

 

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