🛠️ Communotechnie
Citation de Collectif de l'Atelier le 23 octobre 2025, 12h21Pour une écologie sociale des techniques
La communotechnie désigne la capacité des communautés humaines à concevoir, fabriquer et utiliser des techniques au service du commun. Elle n’est pas un simple mot-valise, mais une tentative de redonner sens à la technique comme dimension intrinsèquement politique et collective de la vie sociale.
Elle renvoie à une idée centrale : les techniques ne sont pas neutres. Elles façonnent nos manières de produire, d’habiter, de percevoir et de coopérer. La communotechnie interroge donc la possibilité de réorienter et de réinventer les savoir-faire, les outils et les modes d’organisation vers des formes démocratiques, conviviales et émancipatrices.
En cela, elle s’inscrit dans le projet de l’écologie sociale : comprendre que les crises écologiques ne sont pas d’abord des défaillances techniques, mais les symptômes d’un rapport social et politique fondé sur les dominations — de la société sur la nature, mais aussi de certains humains sur d’autres. Toutes exacerbées au centuple par l’économie politique et son modus operandi intrinsèque : celui de la recherche sans limite de la valorisation de la valeur. La communotechnie se donne alors pour horizon de contribuer à l’émancipation collective en réconciliant production, autonomie et démocratie.
Une praxis du commun
La communotechnie ne se réduit ni à un champ d’études ni à une simple critique de la technologie moderne. Elle désigne en premier lieu une praxis — un ensemble de pratiques collectives par lesquelles des communautés s’organisent pour reconstruire la maîtrise des moyens techniques de leur existence.
C’est dans les ateliers partagés « du faire ensemble », les coopératives, les réseaux d’entraide ou les assemblées populaires que cette praxis prend sens : là où s’invente une intelligence collective, ancrée dans le territoire, soucieuse de justice sociale et d’autonomie politique.
La communotechnie, ainsi comprise, relie action et réflexion. Elle engage un processus de délibération permanente sur les fins et les moyens : pourquoi produit-on ? pour qui ? avec qui ? et comment ?
Une critique de la technologie hétéronome
Face à l’emprise croissante des systèmes technologiques centralisés, automatisés et extractivistes, la communotechnie propose une critique de ce que Lewis Mumford nommait les « techniques autoritaires ». Ces techniques requièrent une organisation hiérarchique, une division extrême du travail, la concentration du pouvoir et la dépendance à l’égard d’infrastructures massives. Elles incarnent un modèle hétéronome, où les individus deviennent les rouages d’un appareil productif qu’ils ne contrôlent plus.
À l’inverse, les « techniques démocratiques » — fondées sur la coopération, la participation et la maîtrise locale des moyens de production — permettent de réinscrire l’activité technique dans le tissu vivant des communautés. Elles rendent possible une reconstruction collective des savoirs et des outils, et nourrissent des formes d’autonomie politique.
La communotechnie se situe dans cette tension : elle ne condamne pas la technique en soi, mais cherche à comprendre comment chaque forme technique conditionne une forme de société. Elle invite à discerner, dans les choix d’organisation et de production, les germes de domination ou d’émancipation qu’ils contiennent.
Un horizon éthique et politique
La communotechnie ouvre un horizon éthique et politique qui interroge la manière dont les sociétés produisent et reproduisent leurs conditions d’existence. Elle ne vise pas seulement à transformer les techniques, mais à repenser les rapports entre les êtres humains et la nature, entre travail et autonomie, entre besoins et désirs.
Elle invite à poser une série de questions : une technique donnée accroît-elle la liberté de celles et ceux qui la mettent en œuvre ? Favorise-t-elle l’autonomie des communautés qui la développent ? Permet-elle une gestion collective et démocratique des ressources ? Contribue-t-elle à renforcer la solidarité, la justice et la coopération ?
Dans cette perspective, la communotechnie s’inscrit dans le prolongement de la critique de toutes les formes de domination — économique, politique, culturelle, mais aussi patriarcale. Ces dominations s’enracinent dans des structures sociales hiérarchiques, dont la technologie moderne, centralisée et marchande, est souvent à la fois le produit et le vecteur.
En s’appuyant sur des pratiques de coopération, de mutualisation et de partage, la communotechnie tend vers une société du soin, du don technique et du commun. Une société où les activités de reproduction, de soutien et d’attention — qu’il s’agisse de nourrir, d’éduquer, de soigner ou de préserver les écosystèmes — ne sont plus reléguées à la marge, mais deviennent le centre même de l’organisation sociale.
La société du soin et du commun n’est pas une société de dépendance, mais de responsabilité partagée. Elle repose sur la reconnaissance de l’interdépendance des vivants — sur une éthique de la complémentarité et sur l’égalité entre les inégaux — et sur la nécessité de préserver les conditions d’une vie commune soutenable. Elle implique une réévaluation des valeurs productives et des critères de richesse, en plaçant le bien-être collectif bien au-dessus d’une quelconque efficacité économique.
La communotechnie comme intention politique
La communotechnie n’est pas un programme ni un modèle figé. Elle se définit comme une intention politique : celle de réorienter la production technique vers des formes d’organisation fondées sur la démocratie directe, la coopération et la responsabilité écologique.
Elle ne cherche pas à opposer la nature et la culture, mais à dépasser leur séparation artificielle. En reconnaissant que toute technique engage un certain rapport au monde, elle invite à faire de la création technique un espace de délibération politique.
Ainsi, la communotechnie appelle à une transformation de nos imaginaires : concevoir, réparer, transmettre, partager deviennent des gestes politiques. Refaire société passe par la reconstruction collective du pouvoir de produire et de décider.
Loin de rejeter la technique, elle en redéfinit le sens. Elle cherche à faire des instruments de la dépendance les outils d’une émancipation : non plus des technologies au service de la croissance, mais des techniques au service du commun.
Pour une écologie sociale des techniques
La communotechnie désigne la capacité des communautés humaines à concevoir, fabriquer et utiliser des techniques au service du commun. Elle n’est pas un simple mot-valise, mais une tentative de redonner sens à la technique comme dimension intrinsèquement politique et collective de la vie sociale.
Elle renvoie à une idée centrale : les techniques ne sont pas neutres. Elles façonnent nos manières de produire, d’habiter, de percevoir et de coopérer. La communotechnie interroge donc la possibilité de réorienter et de réinventer les savoir-faire, les outils et les modes d’organisation vers des formes démocratiques, conviviales et émancipatrices.
En cela, elle s’inscrit dans le projet de l’écologie sociale : comprendre que les crises écologiques ne sont pas d’abord des défaillances techniques, mais les symptômes d’un rapport social et politique fondé sur les dominations — de la société sur la nature, mais aussi de certains humains sur d’autres. Toutes exacerbées au centuple par l’économie politique et son modus operandi intrinsèque : celui de la recherche sans limite de la valorisation de la valeur. La communotechnie se donne alors pour horizon de contribuer à l’émancipation collective en réconciliant production, autonomie et démocratie.
Une praxis du commun
La communotechnie ne se réduit ni à un champ d’études ni à une simple critique de la technologie moderne. Elle désigne en premier lieu une praxis — un ensemble de pratiques collectives par lesquelles des communautés s’organisent pour reconstruire la maîtrise des moyens techniques de leur existence.
C’est dans les ateliers partagés « du faire ensemble », les coopératives, les réseaux d’entraide ou les assemblées populaires que cette praxis prend sens : là où s’invente une intelligence collective, ancrée dans le territoire, soucieuse de justice sociale et d’autonomie politique.
La communotechnie, ainsi comprise, relie action et réflexion. Elle engage un processus de délibération permanente sur les fins et les moyens : pourquoi produit-on ? pour qui ? avec qui ? et comment ?
Une critique de la technologie hétéronome
Face à l’emprise croissante des systèmes technologiques centralisés, automatisés et extractivistes, la communotechnie propose une critique de ce que Lewis Mumford nommait les « techniques autoritaires ». Ces techniques requièrent une organisation hiérarchique, une division extrême du travail, la concentration du pouvoir et la dépendance à l’égard d’infrastructures massives. Elles incarnent un modèle hétéronome, où les individus deviennent les rouages d’un appareil productif qu’ils ne contrôlent plus.
À l’inverse, les « techniques démocratiques » — fondées sur la coopération, la participation et la maîtrise locale des moyens de production — permettent de réinscrire l’activité technique dans le tissu vivant des communautés. Elles rendent possible une reconstruction collective des savoirs et des outils, et nourrissent des formes d’autonomie politique.
La communotechnie se situe dans cette tension : elle ne condamne pas la technique en soi, mais cherche à comprendre comment chaque forme technique conditionne une forme de société. Elle invite à discerner, dans les choix d’organisation et de production, les germes de domination ou d’émancipation qu’ils contiennent.
Un horizon éthique et politique
La communotechnie ouvre un horizon éthique et politique qui interroge la manière dont les sociétés produisent et reproduisent leurs conditions d’existence. Elle ne vise pas seulement à transformer les techniques, mais à repenser les rapports entre les êtres humains et la nature, entre travail et autonomie, entre besoins et désirs.
Elle invite à poser une série de questions : une technique donnée accroît-elle la liberté de celles et ceux qui la mettent en œuvre ? Favorise-t-elle l’autonomie des communautés qui la développent ? Permet-elle une gestion collective et démocratique des ressources ? Contribue-t-elle à renforcer la solidarité, la justice et la coopération ?
Dans cette perspective, la communotechnie s’inscrit dans le prolongement de la critique de toutes les formes de domination — économique, politique, culturelle, mais aussi patriarcale. Ces dominations s’enracinent dans des structures sociales hiérarchiques, dont la technologie moderne, centralisée et marchande, est souvent à la fois le produit et le vecteur.
En s’appuyant sur des pratiques de coopération, de mutualisation et de partage, la communotechnie tend vers une société du soin, du don technique et du commun. Une société où les activités de reproduction, de soutien et d’attention — qu’il s’agisse de nourrir, d’éduquer, de soigner ou de préserver les écosystèmes — ne sont plus reléguées à la marge, mais deviennent le centre même de l’organisation sociale.
La société du soin et du commun n’est pas une société de dépendance, mais de responsabilité partagée. Elle repose sur la reconnaissance de l’interdépendance des vivants — sur une éthique de la complémentarité et sur l’égalité entre les inégaux — et sur la nécessité de préserver les conditions d’une vie commune soutenable. Elle implique une réévaluation des valeurs productives et des critères de richesse, en plaçant le bien-être collectif bien au-dessus d’une quelconque efficacité économique.
La communotechnie comme intention politique
La communotechnie n’est pas un programme ni un modèle figé. Elle se définit comme une intention politique : celle de réorienter la production technique vers des formes d’organisation fondées sur la démocratie directe, la coopération et la responsabilité écologique.
Elle ne cherche pas à opposer la nature et la culture, mais à dépasser leur séparation artificielle. En reconnaissant que toute technique engage un certain rapport au monde, elle invite à faire de la création technique un espace de délibération politique.
Ainsi, la communotechnie appelle à une transformation de nos imaginaires : concevoir, réparer, transmettre, partager deviennent des gestes politiques. Refaire société passe par la reconstruction collective du pouvoir de produire et de décider.
Loin de rejeter la technique, elle en redéfinit le sens. Elle cherche à faire des instruments de la dépendance les outils d’une émancipation : non plus des technologies au service de la croissance, mais des techniques au service du commun.

Citation de Steka le 11 novembre 2025, 18h35Un article intéressant mettant en opposition numérique et informatique. Bien qu'étant assez ignorant en ces domaines, il me semble qu'il mérite quelque attention par les éclaircissements qu'il apporte. J'ai noté tout particulièrement ceci qui permet de comprendre beaucoup de choses sur l'évolution actuelle de la Mégamachine et sur ses perspectives : " Le numérique – on l’a vu dans l’analogie posée avec le capitalisme – est par nature totalitaire. Il aspire – comme le Capital – à s’étendre à l’infini et à embrasser la totalité du réel. Comme c’est chose impossible en étant restreint au domaine du calculable, le mode opératoire du numérique pour accroitre sans limite son emprise, est d’accomplir un renversement : si le champ du calculable est irrémédiablement dévolu à n’occuper qu’une partie de la réalité, alors c’est cette dernière qui doit être restreinte à celui-ci. Rien de ce qui n’est calculable ne doit être tenu comme réel. Si quelque chose, un être, une relation, ne peut être mis sous forme de nombre, cela doit être considéré comme n’existant tout bonnement pas."
https://lundi.am/Logiciel-libre-et-economie-de-l-ubique
Un article intéressant mettant en opposition numérique et informatique. Bien qu'étant assez ignorant en ces domaines, il me semble qu'il mérite quelque attention par les éclaircissements qu'il apporte. J'ai noté tout particulièrement ceci qui permet de comprendre beaucoup de choses sur l'évolution actuelle de la Mégamachine et sur ses perspectives : " Le numérique – on l’a vu dans l’analogie posée avec le capitalisme – est par nature totalitaire. Il aspire – comme le Capital – à s’étendre à l’infini et à embrasser la totalité du réel. Comme c’est chose impossible en étant restreint au domaine du calculable, le mode opératoire du numérique pour accroitre sans limite son emprise, est d’accomplir un renversement : si le champ du calculable est irrémédiablement dévolu à n’occuper qu’une partie de la réalité, alors c’est cette dernière qui doit être restreinte à celui-ci. Rien de ce qui n’est calculable ne doit être tenu comme réel. Si quelque chose, un être, une relation, ne peut être mis sous forme de nombre, cela doit être considéré comme n’existant tout bonnement pas."
Citation de TerKo le 13 novembre 2025, 2h26Oui intéressant, une analyse que l'on pourrait qualifier de communotechnique...
Pour info quelques exemples d'outils libres et leurs pendants Open Source et Propriétaires :
Usage Logiciels libres Pendants Open Source (mixtes) Pendants propriétaires / payants Systèmes d’exploitation GNU/Linux, BSD Android AOSP, Chromium OS Windows, macOS Suite bureautique LibreOffice OpenOffice Microsoft Office, Google Workspace Suite bureautique OnlyOffice CE OnlyOffice Enterprise iWork Navigateur web Firefox, LibreWolf, Tor Chromium Chrome Navigateur web GNU IceCat Brave Edge Navigateur web — Vivaldi (partiel) Safari Mail / Communication Thunderbird, Jami, Matrix Mailspring Outlook, ProtonMail, Slack Mail / Communication KMail Signal (AGPL) Discord Image / Design GIMP, Inkscape, Krita Blender (libre mais mod. open-fund) Adobe Photoshop, Illustrator Vidéo / Audio Kdenlive, Shotcut, Olive DaVinci Resolve (version gratuite) Premiere Pro, Final Cut, Cubase Gestion de projets Nextcloud, Kanboard, Joplin Mattermost (open-core) Notion, Trello, Asana Gestion de projets Taiga GitLab CE/EE Evernote Développement / IDE VS Codium, Vim/Neovim, Emacs VS Code (Microsoft) JetBrains IDEs Serveurs / Bases de données Apache, Nginx (community), PostgreSQL MySQL Oracle DB, Windows Server Cloud / Sync Nextcloud, Syncthing ownCloud (open-core) Dropbox, Google Drive, iCloud Cloud / Sync Seafile CE Seafile Pro OneDrive Visioconférence Jitsi Meet — Zoom Visioconférence BigBlueButton — Teams Visioconférence — — Google Meet SIG / Cartographie QGIS Mapbox SDK ArcGIS SIG / Cartographie OpenStreetMap — Google Maps API
Oui intéressant, une analyse que l'on pourrait qualifier de communotechnique...
Pour info quelques exemples d'outils libres et leurs pendants Open Source et Propriétaires :
| Usage | Logiciels libres | Pendants Open Source (mixtes) | Pendants propriétaires / payants |
| Systèmes d’exploitation | GNU/Linux, BSD | Android AOSP, Chromium OS | Windows, macOS |
| Suite bureautique | LibreOffice | OpenOffice | Microsoft Office, Google Workspace |
| Suite bureautique | OnlyOffice CE | OnlyOffice Enterprise | iWork |
| Navigateur web | Firefox, LibreWolf, Tor | Chromium | Chrome |
| Navigateur web | GNU IceCat | Brave | Edge |
| Navigateur web | — | Vivaldi (partiel) | Safari |
| Mail / Communication | Thunderbird, Jami, Matrix | Mailspring | Outlook, ProtonMail, Slack |
| Mail / Communication | KMail | Signal (AGPL) | Discord |
| Image / Design | GIMP, Inkscape, Krita | Blender (libre mais mod. open-fund) | Adobe Photoshop, Illustrator |
| Vidéo / Audio | Kdenlive, Shotcut, Olive | DaVinci Resolve (version gratuite) | Premiere Pro, Final Cut, Cubase |
| Gestion de projets | Nextcloud, Kanboard, Joplin | Mattermost (open-core) | Notion, Trello, Asana |
| Gestion de projets | Taiga | GitLab CE/EE | Evernote |
| Développement / IDE | VS Codium, Vim/Neovim, Emacs | VS Code (Microsoft) | JetBrains IDEs |
| Serveurs / Bases de données | Apache, Nginx (community), PostgreSQL | MySQL | Oracle DB, Windows Server |
| Cloud / Sync | Nextcloud, Syncthing | ownCloud (open-core) | Dropbox, Google Drive, iCloud |
| Cloud / Sync | Seafile CE | Seafile Pro | OneDrive |
| Visioconférence | Jitsi Meet | — | Zoom |
| Visioconférence | BigBlueButton | — | Teams |
| Visioconférence | — | — | Google Meet |
| SIG / Cartographie | QGIS | Mapbox SDK | ArcGIS |
| SIG / Cartographie | OpenStreetMap | — | Google Maps API |
Citation de Steka le 22 décembre 2025, 12h15Un livre à lire : Édouard Jolly "Günther Anders, Une politique de la technique"
Quelques extraits significatifs :
Il importe donc de concevoir que l'exclusion du monde, l'obsolescence programmée et l'appauvrissement de l'expérience forment autant de symptômes d'une mise en conformité de chacun. Or, il ne s'agit pas du résultat d'une volonté politique et sociale, mais de l'économie de l'existence en général, qui a lieu au sein d'un monde technicisé, formé par l'ensemble des appareils techniques dont la fonction est d'assurer la médiation de tout agir. Car ce n'est plus un QUI qui nous rend conforme, mais un QUOI.
La médiation instaurée par les appareils, d'abord afin d'ouvrir des possibilités nouvelles, a tendance à remplacer les nécessités naturelles du maintien de la vie par des nécessités artificielles, naturalisées peu à peu, dont la finalité générale serait non pas la perpétuation du monde humain, mais sa déshumanisation dans une version technicisée, voire sa destruction pure et simple.
Or, la machine qui remplace l'homme lui dicte son comportement, lui impose ses normes.
Un livre à lire : Édouard Jolly "Günther Anders, Une politique de la technique"
Quelques extraits significatifs :
Il importe donc de concevoir que l'exclusion du monde, l'obsolescence programmée et l'appauvrissement de l'expérience forment autant de symptômes d'une mise en conformité de chacun. Or, il ne s'agit pas du résultat d'une volonté politique et sociale, mais de l'économie de l'existence en général, qui a lieu au sein d'un monde technicisé, formé par l'ensemble des appareils techniques dont la fonction est d'assurer la médiation de tout agir. Car ce n'est plus un QUI qui nous rend conforme, mais un QUOI.
La médiation instaurée par les appareils, d'abord afin d'ouvrir des possibilités nouvelles, a tendance à remplacer les nécessités naturelles du maintien de la vie par des nécessités artificielles, naturalisées peu à peu, dont la finalité générale serait non pas la perpétuation du monde humain, mais sa déshumanisation dans une version technicisée, voire sa destruction pure et simple.
Or, la machine qui remplace l'homme lui dicte son comportement, lui impose ses normes.
L’agora se veut être un espace d’échanges, de réflexion et de recherche pour toutes celles et ceux qui aspirent à transformer notre société vers des modes de vie plus respectueux de l’environnement, plus justes, et ancrés dans la démocratie directe et la solidarité locale. Inspiré des idées de Murray Bookchin et de la pensée communaliste, ce forum est un lieu où les voix des individus et des communautés peuvent se rassembler pour construire ensemble un avenir fondé sur la décentralisation, l’autogestion collective dans le respect humain et de nos écosystèmes.
Ici, nous abordons une diversité de sujets qui touchent aux enjeux de l’écologie sociale : défense des biens communs, initiatives locales de gestion collective, résistance aux infrastructures non désirées, pratiques durables, ou encore la création d’assemblées populaires. Nous souhaitons encourager des discussions constructives et respectueuses qui permettent à chacun et chacune de partager ses idées, ses expériences et ses connaissances pour renforcer nos actions et enrichir nos réflexions collectives.
Que vous soyez activiste, chercheur, étudiant ou simplement curieux de ces thématiques, vous trouverez ici une communauté accueillante et engagée. Ce forum est avant tout un outil au service de nos luttes et alternatives communes, un espace pour poser des questions, partager des ressources, et développer des stratégies concrètes pour avancer ensemble en créant un mouvement émancipateur vers un modèle de société fondé sur la démocratie directe, l’entraide, la solidarité et le respect de la nature.
N’hésitez pas à vous inscrire, à participer aux discussions ou même à lancer vos propres sujets. Ensemble, construisons un espace de dialogue et d’inspiration pour imaginer des solutions ancrées dans le respect du vivant et le pouvoir des communautés locales en tension permanente, mais surtout hors des structures étatiques et capitalistes !