Résistances de par le monde

D’origine latine, « resistare » est un terme militaire signifiant « s’arrêter pour faire face », « faire obstacle à », « tenir ferme sur sa position ». Contraire à la passivité ou de l’immobilisme résistance est activité et mouvement face à un ennemi et ne peut se réduire à la défense. Elle peut devenir offensive, lorsqu’une lutte « contre » se transforme en lutte « pour ».

Mais les origines de la résistance sont à chercher en amont, dans les premières tentatives de domination, à commencer par celle de genre comme matrice du nouveau mode d’organisation sociale autocratique visant à déloger les sociétés égalitaires, celles matrilinéaires d’antan. Et ceci avant même son ancrage et structuration par des techniques sociales autoritaires visant un assujettissement  reconnu comme légitime par les personnes concernées jusqu’à atteindre leur paroxysme dans l’actuel technocapitalisme. Dès le départ la résistance se construit dans l’action face à l’injustice, aux inégalités, à l’intolérance, à la répression, à la pauvreté, dans la sphère politique, sociale, économique, religieuse et dans divers domaines, privés ou publics. L‘action qui en découle peut être violente, armée, ou non violente, passive, s’exprimer de façon individuelle par l’écriture engagée et critique et par la création artistique, mais ne devient féconde que portée par nos actions communes au sein d’un mouvement. Nous ne savons pas de quoi nous sommes capables avant d’en avoir fait l’expérience collective émotionnellement, avant d’avoir repoussé des limites qui nous sont destinées afin de nous rendre crédules et aptes à l’obéissance. Et par l’expérience, ces résistances de par le monde, nous doterons d’une « capacité désirante » voyant les luttes « contre » se muter en luttes « pour ». Ainsi la résistance, cette école du « faire ensemble » nous donnera la capacité de reprendre nos vies en main, de nous approprier partant du local, des territoires interdits, construisant des espaces nouveaux propices à la création, à l’expression de la liberté et donc à l‘auto-institution du politique par la démocratie directe, le tout renforcé par les liens internationaux. C’est là tout le pari et l’enjeu du communalisme.

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