Alternative, écoféminisme et subsistance — Geneviève Pruvost
Citation de TerKo le 18 mars 2026, 13h20Ce podcast avec la sociologue Geneviève Pruvost propose une plongée riche dans les pratiques contemporaines de subsistance et les modes de vie écologiques alternatifs. À partir d’enquêtes de terrain menées pendant plus d’une décennie, il met en lumière les formes d’organisation matérielle, les réseaux d’entraide et les trajectoires de bifurcation qui permettent à certaines communautés rurales de se réapproprier concrètement les conditions de la vie : produire, habiter, se nourrir, s’entraider.
L’entretien montre ainsi comment ces expériences peuvent constituer de véritables laboratoires sociaux, où se recomposent les rapports au travail, à la nature et à la communauté. En cela, elles rejoignent certaines intuitions de l’écologie sociale, qui insiste elle aussi sur la nécessité de relocaliser l’économie, de reconstruire des communautés et de rompre avec le modèle productiviste dominant.
Cependant, cette perspective reste largement descriptive et sociologique, et s’inscrit le plus souvent dans un horizon politique réformiste et citoyenniste. Les alternatives y apparaissent surtout comme des expérimentations locales, des formes de bifurcation individuelle ou collective, sans que soit réellement posée la question des structures de pouvoir qui produisent et maintiennent le système écologique et social actuel. La transformation sociale y est évoquée, mais demeure souvent renvoyée à des dynamiques locales, à des engagements citoyens ou à des recompositions progressives du système existant — même si l’autrice note que certaines de ces expériences peuvent parfois prendre un pas de côté libertaire. Elle en vient également à envisager certaines réformes foncières portées par l’État, dans une perspective qui se rapproche par moments d’un horizon écosocialiste.
Or, du point de vue de l’écologie sociale, ces questions ne peuvent être éludées : la crise écologique est indissociable des structures de domination politique, économique et technologique qui organisent nos sociétés. Les expérimentations locales peuvent ouvrir des brèches et nourrir des imaginaires, mais elles ne sauraient constituer à elles seules une stratégie de transformation sociale à la hauteur des enjeux.
C’est précisément cette tension que nous souhaitons explorer à l’Atelier. Ce podcast constitue ainsi un point d’entrée pour ouvrir une discussion plus large sur les stratégies de transformation écologique et sociale, ainsi que sur les dialogues — parfois convergents, parfois conflictuels — entre l’écologie sociale et d’autres courants critiques contemporains : écoféminismes, écologies anti-industrielles, écologie profonde, écosocialisme et bien d’autres encore. Autant de perspectives avec lesquelles l’écologie sociale entretient à la fois des proximités et des désaccords politiques, que nous proposons d’examiner dans une série d’analyses et de discussions à venir.
🎧 Écouter l’épisode :
👉 Qui sont et comment vivent les personnes qui ont fait le choix des modes de vie alternatifs en milieu rural ?
Geneviève Pruvost est sociologue du travail. Elle a enquêté pendant plus de 10 ans sur le quotidien des personnes installées dans des alternatives écologiques rurales en France. Cette enquête a donné lieu à deux livres : Quotidien politique (2021) et La subsistance au quotidien (2024).
Dans cet épisode du podcast Ozé, nous revenons sur les fondements théoriques de ces alternatives associées à la subsistance et à l'écoféminisme, et nous discutons plus précisément de la sociologie des personnes installées dans ces alternatives.
Bonne écoute !
Ce podcast nous a été signalé par Pierre-Olivier, qui nous a récemment rejoints au sein de L’Adventice, que nous remercions.
Ce podcast avec la sociologue Geneviève Pruvost propose une plongée riche dans les pratiques contemporaines de subsistance et les modes de vie écologiques alternatifs. À partir d’enquêtes de terrain menées pendant plus d’une décennie, il met en lumière les formes d’organisation matérielle, les réseaux d’entraide et les trajectoires de bifurcation qui permettent à certaines communautés rurales de se réapproprier concrètement les conditions de la vie : produire, habiter, se nourrir, s’entraider.
L’entretien montre ainsi comment ces expériences peuvent constituer de véritables laboratoires sociaux, où se recomposent les rapports au travail, à la nature et à la communauté. En cela, elles rejoignent certaines intuitions de l’écologie sociale, qui insiste elle aussi sur la nécessité de relocaliser l’économie, de reconstruire des communautés et de rompre avec le modèle productiviste dominant.
Cependant, cette perspective reste largement descriptive et sociologique, et s’inscrit le plus souvent dans un horizon politique réformiste et citoyenniste. Les alternatives y apparaissent surtout comme des expérimentations locales, des formes de bifurcation individuelle ou collective, sans que soit réellement posée la question des structures de pouvoir qui produisent et maintiennent le système écologique et social actuel. La transformation sociale y est évoquée, mais demeure souvent renvoyée à des dynamiques locales, à des engagements citoyens ou à des recompositions progressives du système existant — même si l’autrice note que certaines de ces expériences peuvent parfois prendre un pas de côté libertaire. Elle en vient également à envisager certaines réformes foncières portées par l’État, dans une perspective qui se rapproche par moments d’un horizon écosocialiste.
Or, du point de vue de l’écologie sociale, ces questions ne peuvent être éludées : la crise écologique est indissociable des structures de domination politique, économique et technologique qui organisent nos sociétés. Les expérimentations locales peuvent ouvrir des brèches et nourrir des imaginaires, mais elles ne sauraient constituer à elles seules une stratégie de transformation sociale à la hauteur des enjeux.
C’est précisément cette tension que nous souhaitons explorer à l’Atelier. Ce podcast constitue ainsi un point d’entrée pour ouvrir une discussion plus large sur les stratégies de transformation écologique et sociale, ainsi que sur les dialogues — parfois convergents, parfois conflictuels — entre l’écologie sociale et d’autres courants critiques contemporains : écoféminismes, écologies anti-industrielles, écologie profonde, écosocialisme et bien d’autres encore. Autant de perspectives avec lesquelles l’écologie sociale entretient à la fois des proximités et des désaccords politiques, que nous proposons d’examiner dans une série d’analyses et de discussions à venir.
🎧 Écouter l’épisode :
👉 Qui sont et comment vivent les personnes qui ont fait le choix des modes de vie alternatifs en milieu rural ?
Geneviève Pruvost est sociologue du travail. Elle a enquêté pendant plus de 10 ans sur le quotidien des personnes installées dans des alternatives écologiques rurales en France. Cette enquête a donné lieu à deux livres : Quotidien politique (2021) et La subsistance au quotidien (2024).
Dans cet épisode du podcast Ozé, nous revenons sur les fondements théoriques de ces alternatives associées à la subsistance et à l'écoféminisme, et nous discutons plus précisément de la sociologie des personnes installées dans ces alternatives.
Bonne écoute !
Ce podcast nous a été signalé par Pierre-Olivier, qui nous a récemment rejoints au sein de L’Adventice, que nous remercions.
Citation de TerKo le 18 mars 2026, 13h24Bonjour je pose ici le commentaire par mail de Pierre-Olivier au sujet du chapeau introductif que nous avons écrit (enfin que j'ai écrit) pour présenter ce podcast :
Allo à tous , je ne sait pas qui a écris le billet sur le podcast de Genevieve Pruvost mais l’individu n’a absolument rien compris du processus politique de la subsistance. N’en faire qu’une Cependant, cette perspective reste largement descriptive et sociologique, et s’inscrit le plus souvent dans un horizon politique réformiste et citoyenniste. Les alternatives y apparaissent surtout comme des expérimentations locales, des formes de bifurcation individuelle ou collective, sans que soit réellement posée la question des structures de pouvoir qui produisent et maintiennent le système écologique et social actuel. La transformation sociale y est évoquée, mais demeure souvent renvoyée à des dynamiques locales, à des engagements citoyens ou à des recompositions progressives du système existant — même si l’autrice note que certaines de ces expériences peuvent parfois prendre un pas de côté libertaire. Elle en vient également à envisager certaines réformes foncières portées par l’État, dans une perspective qui se rapproche par moments d’un horizon écosocialiste
Dépolitise complètement le processus des politiques préfigurative , le mouvement autonome et la praxis instituante pour n’en faire qu’une alternative libérale. La reproduction quotidienne de sa matérialité ,encré dans le ici et maintenant, n’empêche en aucun point d’être relié à des mouvements collectifs et de masse insurrectionnelle et ou révolutionnaire. Faire sécession au quotidien n’empêche en rien de créer le rapport de force, c’est une analyse tronqué. Ce que Pruvost appelle dans ce cas précis le dialectique entre lutte frontale et lutte feutrés. Comme l’affirme si bien castoriadis : « Une société autonome ne peut être formée que par des individus autonomes. Et des individus autonomes ne peuvent vraiment exister que dans une société autonome ». C’est la base de la praxis instituante du commun. Créer le chemin en marchant tous ensemble dans la même direction, comme l’affirme les zapatistes. Pourtant vous avez lu berlan non ?? On ne peut créer le rapport de force collectif et de masse sans avoir des espaces libérés de la marchandise et du patriarcat qui seront des exemples et des lieux de ressourcement , par la base et pour la base de, dans et au delà , créant des brèches dans la société en décrépitude. Holloway est bien clair la dessus.
Il y a un sérieux manque de connaissance sur le sujet à mon avis qui transparaît dans cet critique.
Bonne journée
_____________________________
Pierre-Olivier
Bonjour je pose ici le commentaire par mail de Pierre-Olivier au sujet du chapeau introductif que nous avons écrit (enfin que j'ai écrit) pour présenter ce podcast :
Allo à tous , je ne sait pas qui a écris le billet sur le podcast de Genevieve Pruvost mais l’individu n’a absolument rien compris du processus politique de la subsistance. N’en faire qu’une Cependant, cette perspective reste largement descriptive et sociologique, et s’inscrit le plus souvent dans un horizon politique réformiste et citoyenniste. Les alternatives y apparaissent surtout comme des expérimentations locales, des formes de bifurcation individuelle ou collective, sans que soit réellement posée la question des structures de pouvoir qui produisent et maintiennent le système écologique et social actuel. La transformation sociale y est évoquée, mais demeure souvent renvoyée à des dynamiques locales, à des engagements citoyens ou à des recompositions progressives du système existant — même si l’autrice note que certaines de ces expériences peuvent parfois prendre un pas de côté libertaire. Elle en vient également à envisager certaines réformes foncières portées par l’État, dans une perspective qui se rapproche par moments d’un horizon écosocialiste
Dépolitise complètement le processus des politiques préfigurative , le mouvement autonome et la praxis instituante pour n’en faire qu’une alternative libérale. La reproduction quotidienne de sa matérialité ,encré dans le ici et maintenant, n’empêche en aucun point d’être relié à des mouvements collectifs et de masse insurrectionnelle et ou révolutionnaire. Faire sécession au quotidien n’empêche en rien de créer le rapport de force, c’est une analyse tronqué. Ce que Pruvost appelle dans ce cas précis le dialectique entre lutte frontale et lutte feutrés. Comme l’affirme si bien castoriadis : « Une société autonome ne peut être formée que par des individus autonomes. Et des individus autonomes ne peuvent vraiment exister que dans une société autonome ». C’est la base de la praxis instituante du commun. Créer le chemin en marchant tous ensemble dans la même direction, comme l’affirme les zapatistes. Pourtant vous avez lu berlan non ?? On ne peut créer le rapport de force collectif et de masse sans avoir des espaces libérés de la marchandise et du patriarcat qui seront des exemples et des lieux de ressourcement , par la base et pour la base de, dans et au delà , créant des brèches dans la société en décrépitude. Holloway est bien clair la dessus.
Il y a un sérieux manque de connaissance sur le sujet à mon avis qui transparaît dans cet critique.
Bonne journée
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Pierre-Olivier
Citation de TerKo le 18 mars 2026, 13h25Salut Pierre-Olivier,
Merci pour ton retour — et pour la franchise, qui permet justement d’ouvrir une discussion de fond.
Je te rassure d’emblée : il ne s’agit évidemment pas pour nous de réduire la subsistance ou les pratiques préfiguratives à de simples “alternatives libérales”. Nous partageons largement l’intérêt pour ces formes de vie, leur capacité à rouvrir des possibles concrets, à produire des brèches et à redonner une matérialité politique au quotidien. Sur ce point, il n’y a pas de désaccord de fond.
Là où se situe le point de tension — et sans doute le malentendu —, c’est sur la manière dont ces pratiques sont politiquement articulées dans l’entretien.
Notre lecture ne sort pas de nulle part : elle s’appuie directement sur ce que dit Geneviève Pruvost elle-même.
Par exemple, lorsqu’elle évoque la question des stratégies politiques, elle mentionne explicitement la possibilité d’« essayer de conquérir […] surtout l’échelon municipal » (1:16:24), ou encore le fait de « réussir à se faire élire […] avoir la main sur le foncier » (1:21:35), avec l’enjeu que « l’enjeu c’est être réélu ensuite » (1:22:11). On est ici clairement dans une logique de médiation institutionnelle et électorale.
De la même manière, sur la question foncière, elle affirme que « la réforme d’État la plus importante serait […] une réforme d’attribution des terres foncières » (1:27:08), ce qui inscrit explicitement une partie de la transformation dans un horizon de réforme étatique.
Elle évoque également la nécessité de « faire évoluer […] les réglementations » (1:18:18) ou de « lutter sur des changements normatifs » (1:18:40), ce qui renvoie là encore à des formes de transformation internes au cadre institutionnel existant.
En parallèle, elle souligne elle-même une certaine ambivalence vis-à-vis de ces institutions : « la foi dans les capacités des institutions à transformer le système est très réduite » (1:25:10), tout en notant qu’il est « plus simple […] de trouver des arrangements locaux » (1:25:26). C’est précisément cette tension — entre méfiance envers l’État et absence d’alternative politique structurée à grande échelle — que nous avons cherché à pointer.
Par ailleurs, elle reconnaît explicitement que ces pratiques restent aujourd’hui « une population minorisée » (1:23:07) et « pas portée par un mouvement de masse » (1:23:16), sans que soit réellement développée une stratégie permettant de dépasser cette limite. Elle pose elle-même la question : « qui peut cumuler tous ces fronts de lutte ? » (1:20:00), en renvoyant souvent la transformation à des trajectoires « biographiques » (1:20:26), ce qui tend à fragmenter la perspective politique.
Enfin, son terrain est explicitement situé : « je n’envisageais que rural et pas forcément urbaine » (3:14), ce qui laisse ouverte — et pour nous centrale — la question de l’application de ces pratiques dans des sociétés massivement urbanisées.
Autrement dit, notre critique ne consiste pas à nier la portée politique de la subsistance, ni celle des pratiques préfiguratives, ni leur articulation possible avec des dynamiques de lutte plus larges. Elle consiste à pointer que, dans cet entretien précis, cette articulation reste en grande partie ouverte, ambivalente, et parfois renvoyée soit à des dynamiques locales, soit à des médiations institutionnelles et donc capitalistes.
C’est en ce sens que nous parlons d’un horizon politique encore partiellement réformiste ou citoyenniste : non pas comme une réduction caricaturale, mais comme une tension réellement présente dans le discours lui-même.
Et c’est précisément cette tension qui nous intéresse.
Le problème n’est pas, à nos yeux, la subsistance ni la préfiguration — au contraire. Le problème est l’absence d’un horizon politique clairement formulé – et non contradictoire - permettant de penser leur généralisation, leur articulation à un rapport de force structurant, et leur déploiement dans des contextes qui ne sont pas ceux des alternatives rurales.
Comment ces pratiques s’inscrivent-elles dans des métropoles ? Comment passent-elles d’expérimentations locales à des dynamiques de masse ? Comment évitent-elles d’être marginalisées, récupérées ou neutralisées sans transformation des structures de pouvoir ?
Ce sont ces questions que nous souhaitons ouvrir — pas trancher.
Et ton retour, justement, va dans le sens de cette discussion. Donc merci pour ça.
Au plaisir d’en reparler,
Solidairement,
Salut Pierre-Olivier,
Merci pour ton retour — et pour la franchise, qui permet justement d’ouvrir une discussion de fond.
Je te rassure d’emblée : il ne s’agit évidemment pas pour nous de réduire la subsistance ou les pratiques préfiguratives à de simples “alternatives libérales”. Nous partageons largement l’intérêt pour ces formes de vie, leur capacité à rouvrir des possibles concrets, à produire des brèches et à redonner une matérialité politique au quotidien. Sur ce point, il n’y a pas de désaccord de fond.
Là où se situe le point de tension — et sans doute le malentendu —, c’est sur la manière dont ces pratiques sont politiquement articulées dans l’entretien.
Notre lecture ne sort pas de nulle part : elle s’appuie directement sur ce que dit Geneviève Pruvost elle-même.
Par exemple, lorsqu’elle évoque la question des stratégies politiques, elle mentionne explicitement la possibilité d’« essayer de conquérir […] surtout l’échelon municipal » (1:16:24), ou encore le fait de « réussir à se faire élire […] avoir la main sur le foncier » (1:21:35), avec l’enjeu que « l’enjeu c’est être réélu ensuite » (1:22:11). On est ici clairement dans une logique de médiation institutionnelle et électorale.
De la même manière, sur la question foncière, elle affirme que « la réforme d’État la plus importante serait […] une réforme d’attribution des terres foncières » (1:27:08), ce qui inscrit explicitement une partie de la transformation dans un horizon de réforme étatique.
Elle évoque également la nécessité de « faire évoluer […] les réglementations » (1:18:18) ou de « lutter sur des changements normatifs » (1:18:40), ce qui renvoie là encore à des formes de transformation internes au cadre institutionnel existant.
En parallèle, elle souligne elle-même une certaine ambivalence vis-à-vis de ces institutions : « la foi dans les capacités des institutions à transformer le système est très réduite » (1:25:10), tout en notant qu’il est « plus simple […] de trouver des arrangements locaux » (1:25:26). C’est précisément cette tension — entre méfiance envers l’État et absence d’alternative politique structurée à grande échelle — que nous avons cherché à pointer.
Par ailleurs, elle reconnaît explicitement que ces pratiques restent aujourd’hui « une population minorisée » (1:23:07) et « pas portée par un mouvement de masse » (1:23:16), sans que soit réellement développée une stratégie permettant de dépasser cette limite. Elle pose elle-même la question : « qui peut cumuler tous ces fronts de lutte ? » (1:20:00), en renvoyant souvent la transformation à des trajectoires « biographiques » (1:20:26), ce qui tend à fragmenter la perspective politique.
Enfin, son terrain est explicitement situé : « je n’envisageais que rural et pas forcément urbaine » (3:14), ce qui laisse ouverte — et pour nous centrale — la question de l’application de ces pratiques dans des sociétés massivement urbanisées.
Autrement dit, notre critique ne consiste pas à nier la portée politique de la subsistance, ni celle des pratiques préfiguratives, ni leur articulation possible avec des dynamiques de lutte plus larges. Elle consiste à pointer que, dans cet entretien précis, cette articulation reste en grande partie ouverte, ambivalente, et parfois renvoyée soit à des dynamiques locales, soit à des médiations institutionnelles et donc capitalistes.
C’est en ce sens que nous parlons d’un horizon politique encore partiellement réformiste ou citoyenniste : non pas comme une réduction caricaturale, mais comme une tension réellement présente dans le discours lui-même.
Et c’est précisément cette tension qui nous intéresse.
Le problème n’est pas, à nos yeux, la subsistance ni la préfiguration — au contraire. Le problème est l’absence d’un horizon politique clairement formulé – et non contradictoire - permettant de penser leur généralisation, leur articulation à un rapport de force structurant, et leur déploiement dans des contextes qui ne sont pas ceux des alternatives rurales.
Comment ces pratiques s’inscrivent-elles dans des métropoles ? Comment passent-elles d’expérimentations locales à des dynamiques de masse ? Comment évitent-elles d’être marginalisées, récupérées ou neutralisées sans transformation des structures de pouvoir ?
Ce sont ces questions que nous souhaitons ouvrir — pas trancher.
Et ton retour, justement, va dans le sens de cette discussion. Donc merci pour ça.
Au plaisir d’en reparler,
Solidairement,
Citation de TerKo le 18 mars 2026, 15h34La réponse de Pierre-Olivier :
Allo à tous.
Je pense que ta réponse est 100x plus constructive que le billet de base écrit et publié. Et met en perspective la critique de l’entrevue en tant que tel et non la subsistance comme mouvement. J’aurais aimer avoir ta réponse à ma critique comme billet de critique en premier lieu publié sur le site car il est beaucoup plus concis et situé vers une critique de l’entrevue et non le mouvement. My two cents.
_____________________________
Pierre-Olivier
Puis la mienne :
Merci encore pour ton retour et ta vigilance — ils ont été utiles.
Suite à ton premier message, j’avais d'ores et déjà, engagé une réécriture du texte chapeau afin de lever toute ambiguïté ou mauvaise interprétation possible de notre propos — ce qui était manifestement le cas.
Une nouvelle version, que j’espère plus claire et plus fidèle à l’intention initiale (notamment sur la distinction entre subsistance comme praxis et certaines positions exprimées dans l’entretien), est désormais en ligne : https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/03/17/alternative-ecofeminisme-et-subsistance-genevieve-pruvost/
Au plaisir de poursuivre ces échanges,
Solidairement,
La réponse de Pierre-Olivier :
Allo à tous.
_____________________________
Pierre-Olivier
Puis la mienne :
Merci encore pour ton retour et ta vigilance — ils ont été utiles.
Suite à ton premier message, j’avais d'ores et déjà, engagé une réécriture du texte chapeau afin de lever toute ambiguïté ou mauvaise interprétation possible de notre propos — ce qui était manifestement le cas.
Une nouvelle version, que j’espère plus claire et plus fidèle à l’intention initiale (notamment sur la distinction entre subsistance comme praxis et certaines positions exprimées dans l’entretien), est désormais en ligne : https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/03/17/alternative-ecofeminisme-et-subsistance-genevieve-pruvost/
Au plaisir de poursuivre ces échanges,
Solidairement,
L’agora se veut être un espace d’échanges, de réflexion et de recherche pour toutes celles et ceux qui aspirent à transformer notre société vers des modes de vie plus respectueux de l’environnement, plus justes, et ancrés dans la démocratie directe et la solidarité locale. Inspiré des idées de Murray Bookchin et de la pensée communaliste, ce forum est un lieu où les voix des individus et des communautés peuvent se rassembler pour construire ensemble un avenir fondé sur la décentralisation, l’autogestion collective dans le respect humain et de nos écosystèmes.
Ici, nous abordons une diversité de sujets qui touchent aux enjeux de l’écologie sociale : défense des biens communs, initiatives locales de gestion collective, résistance aux infrastructures non désirées, pratiques durables, ou encore la création d’assemblées populaires. Nous souhaitons encourager des discussions constructives et respectueuses qui permettent à chacun et chacune de partager ses idées, ses expériences et ses connaissances pour renforcer nos actions et enrichir nos réflexions collectives.
Que vous soyez activiste, chercheur, étudiant ou simplement curieux de ces thématiques, vous trouverez ici une communauté accueillante et engagée. Ce forum est avant tout un outil au service de nos luttes et alternatives communes, un espace pour poser des questions, partager des ressources, et développer des stratégies concrètes pour avancer ensemble en créant un mouvement émancipateur vers un modèle de société fondé sur la démocratie directe, l’entraide, la solidarité et le respect de la nature.
N’hésitez pas à vous inscrire, à participer aux discussions ou même à lancer vos propres sujets. Ensemble, construisons un espace de dialogue et d’inspiration pour imaginer des solutions ancrées dans le respect du vivant et le pouvoir des communautés locales en tension permanente, mais surtout hors des structures étatiques et capitalistes !