ou l’histoire du magazine Le Sauvage
Dimanche 17 août 2025 par Tomjo pour Chez Renart
Dans le cadre du débat en cours à l’Atelier autour de « Technique et Technologie », nous proposons un intéressant récapitulatif historique réalisé par Tomjo.
Ce texte, ironiquement intitulé Les sanibroyeurs de l’écologie, ou l’histoire du magazine Le Sauvage, offre un tableau plutôt accablant sur la façon dont l’Écologie a été systématiquement détournée, en France, de son objet initial.
Au profit de la continuité du capitalisme, cette mégamachine économique et sociale qui, en s’appuyant sur la technologie comme sur d’autres leviers de domination, impose sa logique de croissance sans fin.
Si le combat fut rude pendant nombre d’années, force est de constater que le Capital a pour l’essentiel réussi son exercice de récupération et réduit l’Écologie à son image et à sa mesquinerie constitutionnelle.
Et ce, grâce à la participation active d’un grand nombre de pseudo-écologistes plus ou moins conscients du sens de leur démarche.
Au point que le simple fait de se présenter comme écologiste provoque désormais chez beaucoup de nos contemporains une méfiance instinctive vue l’extrême confusion qui règne en ce milieu et le brouillage permanent qui l’accompagne.
Certains trouveront sans doute ce texte assez sévère. Le résultat de ce qu’il décrit est pourtant devant nous et il serait difficile de s’en réjouir.
Le lien vers le texte de Tomjo : Les sanibroyeurs de l’écologie, ou l’histoire du magazine Le Sauvage
Trois questions complémentaires méritent alors d’être posées.
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La première concerne l’idée d’une supposée « trahison » de la gauche. Mais s’agit-il vraiment d’une trahison ? Car trahir suppose que l’on ait partagé au départ une même volonté d’émancipation et de dépassement du capitalisme. Or, depuis le XIXᵉ siècle déjà, la gauche parlementaire et les mouvements révolutionnaires n’ont-ils pas suivi des voies divergentes ? Dès lors qu’elle a accepté de monter dans le véhicule de la Démocratie représentative – invention de l’État bourgeois – pouvait-elle encore prétendre partager l’horizon des révolutionnaires ?
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La seconde question touche à la Technologie et aux sciences dominantes, que la gauche n’a jamais sérieusement remises en cause. Est-ce si étonnant ? Car en acceptant de jouer selon les règles de la « technique sociale autoritaire » – celle de la Mégamachine décrite par Mumford – ne s’est-elle pas condamnée à cautionner l’organisation sociale étatique elle-même, ce gendarme chargé de canaliser le capitalisme, de le stimuler tout en prétendant en limiter les excès ?
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Enfin, une troisième question se pose : comment, aujourd’hui, recadrer ces débats sur les la technique et les technologies dans une perspective communaliste, théorique et pratique à la fois ? Car force est de constater l’extraordinaire faiblesse d’analyse, dans certains milieux militants, quant à la place réelle de la technologie dans les processus de mobilisation. Chacun sait que tout est sous le contrôle des GAFAM et que le numérique fait des ravages chez les enfants, mais il reste pourtant l’instrument privilégié de leur organisation et plus généralement de la vie quotidienne. Comment relier simplement et clairement ces contradictions à la logique du capital — et ouvrir ainsi de véritables pistes stratégiques pour les dépasser ?
