Depuis plus de quinze ans, des soulèvements populaires traversent le monde : de la Tunisie au Chili, du Soudan au Liban, de la Syrie à la France, de l’Iran au Sri Lanka. Derrière la diversité de leurs contextes, ces révoltes ont souvent buté sur les mêmes obstacles : répression, récupération institutionnelle, fragmentation des luttes et difficulté à transformer l’élan insurrectionnel en pouvoir populaire durable.
Le manifeste Révolutions de notre temps, porté par le réseau Les Peuples Veulent, propose une réflexion ambitieuse sur cette séquence historique. À partir des expériences directes de participant·es à de nombreux soulèvements contemporains, il tente d’en dégager les enseignements stratégiques et d’esquisser les contours d’un nouvel internationalisme « par le bas » — fondé sur l’entraide horizontale plutôt que sur la solidarité descendante, et sur la construction de liaisons transnationales entre pouvoirs populaires plutôt que sur la géopolitique des blocs.
À l’Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme, nous ne partageons pas nécessairement toutes les analyses ni toutes les conclusions du texte. Nous pensons notamment que la question des institutions démocratiques — la commune, la confédération, la reconstruction politique sur le temps long — mériterait d’être davantage approfondie, tout comme l’articulation entre domination sociale et domination de la nature, qui est au cœur de notre propre démarche. Nous regrettons également l’absence d’une perspective antiéconomique : la sortie de la logique marchande et de l’économie comme sphère autonome nous semble indissociable de toute émancipation radicale, là où le manifeste critique le capitalisme sans remettre en cause les catégories économiques elles-mêmes. Mais nous considérons que ce texte constitue une contribution sérieuse aux débats contemporains sur les révoltes populaires, le pouvoir populaire et les voies possibles d’une transformation sociale radicale.
Nous vous proposons sa lecture comme matière à réflexion, à discussion et à critique collective.
Lien vers le texte : Révolutions de notre temps – Manifeste internationaliste
