Le langage silencieux de Edward T. Hall

Cet ouvrage, rédigé il y a 70 ans, mettait principalement en lumière l’incapacité d’une très grande part des étasuniens (et par extension de nombre d’occidentaux) à comprendre toutes les formes de cultures différentes de la leur. Il en posait avec une certaine pertinence les raisons et, accessoirement, les effets. Il démontrait également qu’une culture ne se limite pas à des échanges verbaux et aux langages utilisés par des peuples mais ouvre aussi à de multiples codes de compréhension et d’échange souvent « muets » et demeurant tout à fait incompréhensibles à ceux qui ne font pas l’effort de chercher à s’en saisir et persistent à vouloir y appliquer leurs propres codes d’interprétation. On ne peut que remarquer que l’on trouve ici l’une des principales causes de cette triste maladie que l’on nomme le racisme.

Ceci dit, il nous faut bien constater que ce livre a tout de même pris un sérieux coup de vieux. Non pas que les choses se seraient améliorées en ce domaine mais tout au contraire que cette incapacité à comprendre les autres s’est, si l’on peut dire, universalisée. Une grande part des différences culturelles, qui donnaient pourtant tout son intérêt à la découverte du monde, se sont pourtant effacées sous les lois implacables de la liberté du Marché ; mais loin de remédier à l’incompréhension, à l’incapacité à établir un dialogue, cet état des choses n’a fait que l’aggraver. Sous l’effet des logiques concurrentielles poussant à une sorte d’individualisme carcéral, chacun se crée son propre monde particulier, ses propres codes perceptifs, et n’entend plus rien d’autre qui ne soit son propre écho ou tout au moins qu’il s’imagine l’être (bonjour l’I.A.).

Bah, c’est bête, cela va être difficile de faire Société dans ces conditions là …

Partagez ...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *