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Les deux espaces publics — l’un francophone, l’autre anglophone (partagé avec le Transnational Institute of Social Ecology – TRISE) — ont vocation à favoriser le partage d’expériences, de ressources et de réflexions autour des enjeux écologiques, sociaux et politiques de notre temps.
Que vous soyez militant·e, chercheur·se, étudiant·e ou simplement curieux·se de ces questions, n’hésitez pas à participer aux discussions ou à lancer vos propres sujets. Ensemble, faisons vivre un espace de dialogue et d’apprentissage mutuel pour imaginer et construire des alternatives capables de s’affirmer hors des structures étatiques et capitalistes.
L’antifascisme, le pire produit du fascisme ?
Citation de
TerKo le 10 octobre 2026, 19h10
Je partage globalement l’analyse qui suit dans cet article de RÉVEIL LIBERTAIRE. Le fascisme et ses formes contemporaines ne tombent pas du ciel : ils naissent des crises du capitalisme et de la fonction qu’y joue l’État, qui les tolère, les instrumentalise ou s’y convertit quand l’ordre marchand est menacé. On ne peut donc combattre sérieusement le néofascisme qu’en combattant le capitalisme dans le but de l’abolir — et l’État avec lui. Un antifascisme qui se borne à « faire barrage » en défendant les institutions qui produisent le problème tourne effectivement en rond, et chaque nouvelle urgence renvoie aux calendes grecques toute perspective d’émancipation.
Là où je m’écarte du texte, c’est sur le sujet de cette émancipation. Pourquoi la réduire au seul prolétariat, au seul sujet révolutionnaire de classe ? Celui-ci reste une réalité, mais il ne suffit plus à rassembler toutes celles et ceux que le capitalisme dépossède : de leur travail, certes, mais aussi de leur pouvoir de décider, de leurs territoires, de leurs conditions de vie sur une planète abîmée. Au XXIe siècle, le sujet révolutionnaire le plus fédérateur pourrait bien être un mouvement pour la démocratie directe : des assemblées populaires qui reprennent en main la décision politique à l’échelle de la commune, se fédèrent entre elles et opposent au pouvoir d’État et au marché une autre manière d’organiser la société.
C’est la perspective de l’écologie sociale communaliste. Elle ne rejette ni la lutte des classes ni l’autogestion ouvrière au sein même des lieux de production — cette autogestion s’inscrivant toutefois dans un mandat délivré par l’assemblée populaire de la commune, de la biorégion ou de la confédération, selon l’échelle à laquelle se rapporte ladite production —, mais elle les inscrit dans une perspective plus large : la domination de classe y est une forme parmi d’autres d’une logique de domination plus générale, qui s’exerce aussi entre les sexes, sur les territoires et sur le vivant. La réponse au fascisme ne réside alors ni dans le front républicain ni dans l’attente du grand soir, mais dans la construction patiente, dès maintenant, d’institutions démocratiques autonomes. Ce contre-pouvoir rend le capital et l’État inutiles et, du même coup, retire au fascisme le terrain sur lequel il prospère.
Je partage globalement l’analyse qui suit dans cet article de RÉVEIL LIBERTAIRE. Le fascisme et ses formes contemporaines ne tombent pas du ciel : ils naissent des crises du capitalisme et de la fonction qu’y joue l’État, qui les tolère, les instrumentalise ou s’y convertit quand l’ordre marchand est menacé. On ne peut donc combattre sérieusement le néofascisme qu’en combattant le capitalisme dans le but de l’abolir — et l’État avec lui. Un antifascisme qui se borne à « faire barrage » en défendant les institutions qui produisent le problème tourne effectivement en rond, et chaque nouvelle urgence renvoie aux calendes grecques toute perspective d’émancipation.
Là où je m’écarte du texte, c’est sur le sujet de cette émancipation. Pourquoi la réduire au seul prolétariat, au seul sujet révolutionnaire de classe ? Celui-ci reste une réalité, mais il ne suffit plus à rassembler toutes celles et ceux que le capitalisme dépossède : de leur travail, certes, mais aussi de leur pouvoir de décider, de leurs territoires, de leurs conditions de vie sur une planète abîmée. Au XXIe siècle, le sujet révolutionnaire le plus fédérateur pourrait bien être un mouvement pour la démocratie directe : des assemblées populaires qui reprennent en main la décision politique à l’échelle de la commune, se fédèrent entre elles et opposent au pouvoir d’État et au marché une autre manière d’organiser la société.
C’est la perspective de l’écologie sociale communaliste. Elle ne rejette ni la lutte des classes ni l’autogestion ouvrière au sein même des lieux de production — cette autogestion s’inscrivant toutefois dans un mandat délivré par l’assemblée populaire de la commune, de la biorégion ou de la confédération, selon l’échelle à laquelle se rapporte ladite production —, mais elle les inscrit dans une perspective plus large : la domination de classe y est une forme parmi d’autres d’une logique de domination plus générale, qui s’exerce aussi entre les sexes, sur les territoires et sur le vivant. La réponse au fascisme ne réside alors ni dans le front républicain ni dans l’attente du grand soir, mais dans la construction patiente, dès maintenant, d’institutions démocratiques autonomes. Ce contre-pouvoir rend le capital et l’État inutiles et, du même coup, retire au fascisme le terrain sur lequel il prospère.