l’État peut survivre au capitalisme et non l’inverse
Citation de TerKo le 11 février 2026, 0h12Dans cet article paru ce jour sur Le LIBERTAIRE : https://le-libertaire.net/letat-peut-survivre-au-capitalisme-et-non-linverse/
Miquel Amorós défend l’idée que, sur le plan stratégique, l’émancipation ne passe pas d’abord par la mise à bas du capitalisme, mais par une attaque politique et sociale de l’État, le renforcement de l’autonomie populaire et la mise à distance des formes de participation institutionnelle qui tendent à neutraliser la dissidence.
Cette thèse implique une séquence politique précise : c’est seulement dans un second temps — même si certaines dynamiques peuvent s’initier en parallèle — que la remise en cause effective du capitalisme peut être envisagée, avec de réelles chances d’aboutir.
Cette hiérarchisation stratégique vous semble-t-elle pertinente ? Et quelles implications concrètes en tirer pour nos pratiques et nos temporalités d’action actuelles ?
Dans cet article paru ce jour sur Le LIBERTAIRE : https://le-libertaire.net/letat-peut-survivre-au-capitalisme-et-non-linverse/
Miquel Amorós défend l’idée que, sur le plan stratégique, l’émancipation ne passe pas d’abord par la mise à bas du capitalisme, mais par une attaque politique et sociale de l’État, le renforcement de l’autonomie populaire et la mise à distance des formes de participation institutionnelle qui tendent à neutraliser la dissidence.
Cette thèse implique une séquence politique précise : c’est seulement dans un second temps — même si certaines dynamiques peuvent s’initier en parallèle — que la remise en cause effective du capitalisme peut être envisagée, avec de réelles chances d’aboutir.
Cette hiérarchisation stratégique vous semble-t-elle pertinente ? Et quelles implications concrètes en tirer pour nos pratiques et nos temporalités d’action actuelles ?
Citation de lucassss le 11 février 2026, 16h05La hiérarchisation stratégique que propose Amorós semble plutôt pertinente, l’État n’est pas simplement une superstructure du capital, mais une machine autonome de domination qui tend à absorber et neutraliser les initiatives populaires. En ce sens, la critique d’une stratégie qui commencerait uniquement par une « mise à bas du capitalisme » sans s’attaquer d’abord à l’État est pertinente.
Cela dit, dans notre pratique politique, la participation aux élections locales ne doit pas être vue comme une fin en soi ni comme une tentative de « réformer l’État » depuis l’intérieur, ce qui rejoint la mise en garde d’Amorós contre les pièges institutionnels. Pour nous, elle constitue plutôt un moyen tactique pour gagner des marges de manœuvre et renforcer notre capacité à construire des espaces d’autonomie populaire.
Concrètement :
Nous continuons à intervenir localement pour défendre et étendre des pouvoirs citoyens concrets, qui ne se limitent pas à signer ou appliquer des lois, mais qui soutiennent des initiatives émancipatrices comme les assemblées populaires, les projets coopératifs ou les formes de démocratie directe.
Nous sommes attentifs à ne pas laisser la participation électorale devenir un substitut à l’auto-organisation populaire, car c’est la capacité des communautés à s’organiser qui, à long terme, peut fragiliser réellement les structures étatiques et capitalistes.
Enfin, nous la critique d’Amorós insiste à juste titre sur le fait que toute transformation profonde ne peut venir que d’en bas, via des pratiques sociales et politiques qui échappent au simple jeu institutionnel et c’est là que nous concentrons l’essentiel de nos efforts au quotidien.
La hiérarchisation stratégique que propose Amorós semble plutôt pertinente, l’État n’est pas simplement une superstructure du capital, mais une machine autonome de domination qui tend à absorber et neutraliser les initiatives populaires. En ce sens, la critique d’une stratégie qui commencerait uniquement par une « mise à bas du capitalisme » sans s’attaquer d’abord à l’État est pertinente.
Cela dit, dans notre pratique politique, la participation aux élections locales ne doit pas être vue comme une fin en soi ni comme une tentative de « réformer l’État » depuis l’intérieur, ce qui rejoint la mise en garde d’Amorós contre les pièges institutionnels. Pour nous, elle constitue plutôt un moyen tactique pour gagner des marges de manœuvre et renforcer notre capacité à construire des espaces d’autonomie populaire.
Concrètement :
Nous continuons à intervenir localement pour défendre et étendre des pouvoirs citoyens concrets, qui ne se limitent pas à signer ou appliquer des lois, mais qui soutiennent des initiatives émancipatrices comme les assemblées populaires, les projets coopératifs ou les formes de démocratie directe.
Nous sommes attentifs à ne pas laisser la participation électorale devenir un substitut à l’auto-organisation populaire, car c’est la capacité des communautés à s’organiser qui, à long terme, peut fragiliser réellement les structures étatiques et capitalistes.
Enfin, nous la critique d’Amorós insiste à juste titre sur le fait que toute transformation profonde ne peut venir que d’en bas, via des pratiques sociales et politiques qui échappent au simple jeu institutionnel et c’est là que nous concentrons l’essentiel de nos efforts au quotidien.
Citation de Artels le 13 février 2026, 10h04Il faut s’entendre sur les mots. Partons de deux définitions minimales.
1) l’État comme monopôle de la violence et de l’autorité.
2) le capitalisme comme séparation d’avec l’ensemble des moyens de production.
J’insiste sur l’ensemble des moyens de production. Si les fileurs possèdent leur métier à filer cela ne suffit pas car ils ne peuvent vivre uniquement de leurs fils. Et s’ils doivent échanger leurs fils alors nous n’avons pas aboli la forme marchandise du produit du travail. Nous voyons par là que la propriété ne peut qu’être une forme collective. L’ensemble de la division du travail comme système doit être un commun. Voilà la tâche que j’assigne au communalisme.
Il est possible de sortir du capital dans une certaine mesure sans se confronter à l’État. Par exemple, une commune peut acheter des terres agricoles et les exploiter en régie municipale pour alimenter des cantines municipales. Mais pour transformer cette propriété du conseil municipal en propriété collective des citoyens, il faut transformer radicalement les rapports entre ce conseil et les citoyens.
D’autre part, le conseil municipal ne voudra acheter des terres que si cette transformation politique est amorcée.
A mon sens donc, il faudra une dialectique dans laquelle l’un des aspects renforce l’autre. Plus les intérêts des citoyens seront satisfaits par l’action des assemblées, plus les assemblées contrôleront de moyens de production, plus les assemblées seront vivantes et dynamiques et plus elles auront de forces contre le monopôle de l’autorité et de la violence ;
Cette dialectique nécessaire rend le mouvement très difficile à initier. Pourquoi des citoyens perdraient leur temps dans des assemblées inutiles ?
Je pense que la stratégie doit commencer par une association qui mène d’abord une bataille culturelle. Puis qui coordonne des organisateurs institutionnelles, des catalyseurs, qui montrent aux citoyens, dans un domaine très restreint, l’utilité de l’action collective. Ces initiatives devraient être simultanées, plusieurs quartiers en même temps, pour ensuite pouvoir fédérer ces initiatives. Il faut que ce processus d’auto-organisation s'attaque à des problèmes concrets que le conseil municipal ne règle pas. Ces ainsi que ces assemblées gagneront une véritable autorité et qu’un double pouvoir se développera.
En même temps, il faudrait que des communalistes entrent au conseil municipal pour que ce conseil ne gêne pas le développement du second pouvoir et accepte le principe de l'auto-organisation. Ces élus communalistes ne pourront pas avoir de double mandat, l’un dans le conseil municipale et l’autre dans celui du communalisme en voie de constitution. A ce moment les communalistes devront exiger des droits formels, un droit de veto par exemple concernant les décisions du conseil municipal. Comme la plèbe romaine face au sénat. Cette situation de double pouvoir peut durer longtemps. La lutte culturelle pour la légitimité du pouvoir et des institutions sous-jacentes, devra redoubler d'intensité, avant une éventuelle fusion sur la base des principes communalistes, qui mettra fin au double pouvoir. Tout cela devra être réalisé simultanément dans un grand nombre de villes fédérées au moment opportun.
Il faudra garder à l’esprit que le but ultime est de créer un commun économique qui englobe toute la division du travail nécessaire pour vivre et qui donc englobera et reliera un grand nombre de communes.
Il faut s’entendre sur les mots. Partons de deux définitions minimales.
1) l’État comme monopôle de la violence et de l’autorité.
2) le capitalisme comme séparation d’avec l’ensemble des moyens de production.
J’insiste sur l’ensemble des moyens de production. Si les fileurs possèdent leur métier à filer cela ne suffit pas car ils ne peuvent vivre uniquement de leurs fils. Et s’ils doivent échanger leurs fils alors nous n’avons pas aboli la forme marchandise du produit du travail. Nous voyons par là que la propriété ne peut qu’être une forme collective. L’ensemble de la division du travail comme système doit être un commun. Voilà la tâche que j’assigne au communalisme.
Il est possible de sortir du capital dans une certaine mesure sans se confronter à l’État. Par exemple, une commune peut acheter des terres agricoles et les exploiter en régie municipale pour alimenter des cantines municipales. Mais pour transformer cette propriété du conseil municipal en propriété collective des citoyens, il faut transformer radicalement les rapports entre ce conseil et les citoyens.
D’autre part, le conseil municipal ne voudra acheter des terres que si cette transformation politique est amorcée.
A mon sens donc, il faudra une dialectique dans laquelle l’un des aspects renforce l’autre. Plus les intérêts des citoyens seront satisfaits par l’action des assemblées, plus les assemblées contrôleront de moyens de production, plus les assemblées seront vivantes et dynamiques et plus elles auront de forces contre le monopôle de l’autorité et de la violence ;
Cette dialectique nécessaire rend le mouvement très difficile à initier. Pourquoi des citoyens perdraient leur temps dans des assemblées inutiles ?
Je pense que la stratégie doit commencer par une association qui mène d’abord une bataille culturelle. Puis qui coordonne des organisateurs institutionnelles, des catalyseurs, qui montrent aux citoyens, dans un domaine très restreint, l’utilité de l’action collective. Ces initiatives devraient être simultanées, plusieurs quartiers en même temps, pour ensuite pouvoir fédérer ces initiatives. Il faut que ce processus d’auto-organisation s'attaque à des problèmes concrets que le conseil municipal ne règle pas. Ces ainsi que ces assemblées gagneront une véritable autorité et qu’un double pouvoir se développera.
En même temps, il faudrait que des communalistes entrent au conseil municipal pour que ce conseil ne gêne pas le développement du second pouvoir et accepte le principe de l'auto-organisation. Ces élus communalistes ne pourront pas avoir de double mandat, l’un dans le conseil municipale et l’autre dans celui du communalisme en voie de constitution. A ce moment les communalistes devront exiger des droits formels, un droit de veto par exemple concernant les décisions du conseil municipal. Comme la plèbe romaine face au sénat. Cette situation de double pouvoir peut durer longtemps. La lutte culturelle pour la légitimité du pouvoir et des institutions sous-jacentes, devra redoubler d'intensité, avant une éventuelle fusion sur la base des principes communalistes, qui mettra fin au double pouvoir. Tout cela devra être réalisé simultanément dans un grand nombre de villes fédérées au moment opportun.
Il faudra garder à l’esprit que le but ultime est de créer un commun économique qui englobe toute la division du travail nécessaire pour vivre et qui donc englobera et reliera un grand nombre de communes.
Citation de Steka le 13 février 2026, 16h22Bien qu'il y ait un indéniable partage des tâches entre le Capitalisme et l'État, il n'est pas abusif de considérer qu'ils sont, à l'image de Janus, les deux faces de la même chose. Ce que l'on pourrait désigner, comme l'a fait Fabian Scheidler, la Mégamachine. (voir https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2025/09/05/la-fin-de-la-megamachine/ ). Si bien que l'on ne peut s'attaquer sérieusement à une critique de l'un sans y joindre une critique de l'autre. Historiquement et partout, la centralisation étatique et le capitalisme naissent et se construisent ensemble. Parfois avec un léger décalage mais systématiquement. Un exemple frappant est celui de la Chine où ce qui à l'origine fut un mouvement révolutionnaire s'est rapidement bureaucratisé/étatisé pour devenir aujourd'hui l'une des principales vitrines d'un capitalisme tout à fait décomplexé ( voir à ce sujet https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2024/10/23/contagion-sociale-le-collectif-chuang/ ). On notera d'ailleurs que l'interpénétration entre ces deux faces d'un même système de domination est désormais quasi totale, les cadres supérieurs de l'une rejoignant facilement les instances supérieures de l'autre et vice-versa. Voilà qui n'est certainement pas sans conséquences sur les stratégies à développer dans l'optique d'une instauration du communalisme, sur la lucidité à acquérir vis à vis de tout ce qui s'y oppose.
Bien qu'il y ait un indéniable partage des tâches entre le Capitalisme et l'État, il n'est pas abusif de considérer qu'ils sont, à l'image de Janus, les deux faces de la même chose. Ce que l'on pourrait désigner, comme l'a fait Fabian Scheidler, la Mégamachine. (voir https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2025/09/05/la-fin-de-la-megamachine/ ). Si bien que l'on ne peut s'attaquer sérieusement à une critique de l'un sans y joindre une critique de l'autre. Historiquement et partout, la centralisation étatique et le capitalisme naissent et se construisent ensemble. Parfois avec un léger décalage mais systématiquement. Un exemple frappant est celui de la Chine où ce qui à l'origine fut un mouvement révolutionnaire s'est rapidement bureaucratisé/étatisé pour devenir aujourd'hui l'une des principales vitrines d'un capitalisme tout à fait décomplexé ( voir à ce sujet https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2024/10/23/contagion-sociale-le-collectif-chuang/ ). On notera d'ailleurs que l'interpénétration entre ces deux faces d'un même système de domination est désormais quasi totale, les cadres supérieurs de l'une rejoignant facilement les instances supérieures de l'autre et vice-versa. Voilà qui n'est certainement pas sans conséquences sur les stratégies à développer dans l'optique d'une instauration du communalisme, sur la lucidité à acquérir vis à vis de tout ce qui s'y oppose.
L’agora se veut être un espace d’échanges, de réflexion et de recherche pour toutes celles et ceux qui aspirent à transformer notre société vers des modes de vie plus respectueux de l’environnement, plus justes, et ancrés dans la démocratie directe et la solidarité locale. Inspiré des idées de Murray Bookchin et de la pensée communaliste, ce forum est un lieu où les voix des individus et des communautés peuvent se rassembler pour construire ensemble un avenir fondé sur la décentralisation, l’autogestion collective dans le respect humain et de nos écosystèmes.
Ici, nous abordons une diversité de sujets qui touchent aux enjeux de l’écologie sociale : défense des biens communs, initiatives locales de gestion collective, résistance aux infrastructures non désirées, pratiques durables, ou encore la création d’assemblées populaires. Nous souhaitons encourager des discussions constructives et respectueuses qui permettent à chacun et chacune de partager ses idées, ses expériences et ses connaissances pour renforcer nos actions et enrichir nos réflexions collectives.
Que vous soyez activiste, chercheur, étudiant ou simplement curieux de ces thématiques, vous trouverez ici une communauté accueillante et engagée. Ce forum est avant tout un outil au service de nos luttes et alternatives communes, un espace pour poser des questions, partager des ressources, et développer des stratégies concrètes pour avancer ensemble en créant un mouvement émancipateur vers un modèle de société fondé sur la démocratie directe, l’entraide, la solidarité et le respect de la nature.
N’hésitez pas à vous inscrire, à participer aux discussions ou même à lancer vos propres sujets. Ensemble, construisons un espace de dialogue et d’inspiration pour imaginer des solutions ancrées dans le respect du vivant et le pouvoir des communautés locales en tension permanente, mais surtout hors des structures étatiques et capitalistes !