La voiture électrique qui nous est présentée en France comme un progrès écologique incontournable dépend entièrement pour la fabrication de ses batteries de l’extraction massive de minerais avec des effets particulièrement destructeurs là où elle a lieu. Ce qui caractérise ces destructions massives des milieux naturels, c’est qu’elles se passent au loin, dans une logique néo-coloniale tout à fait typique du capitalisme mondialisé. C’est que pour pouvoir permettre le développement de ce marché, il faut maintenir dans l’ignorance les populations occidentales des conséquences plutôt catastrophiques pour « l’environnement » de ces extractions qui contredisent complètement le prétexte écologique qu’on lui prête.
Ainsi, c’est en Indonésie, sur l’île de Halmahera, qu’est située la plus grande mine de nickel au monde. En quelques années, ce sont 45000 hectares de forêt primaire qui ont été détruits pour permettre l’extension de cette mine exploitée par le conglomérat Weda Bay Nickel (WBN) où l’on trouve des intérêts chinois, allemand mais aussi français (le groupe minier ERAMET).
L’une des dernières tribus autochtones qui peuplait cette forêt, les Hongana Manyawa, est menacée de disparition à court terme étant privée de ses ressources vitales.
Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres de l’aveuglement où nous maintient une soi-disant transition écologique qui n’est dans les faits que la continuité du même système où la mégamachine issue du capitalisme prolonge sans fin ses destructions menaçant le devenir même de la planète et par là-même le nôtre. Il n’y a pas d’issue autre que tragique à la continuité de ce système. Ses prétendus réformes et changements de cap ne sont jamais que l’expression des nouveaux moyens mis en œuvre pour assurer cette continuité et quoiqu’il en coûte, comme ils disent. Le coût, c’est l’espèce humaine, entre autres, et dans son ensemble qui va le payer, et très chèrement, si elle ne prend pas rapidement conscience qu’il n’est plus temps de transiger et que c’est à tout ce système mortifère qu’il faut mettre un terme. Continuer à vouloir s’illusionner avec des solutions fictives et transitoires devient tout à fait inexcusable et ceux qui cherchent à les promouvoir se font les complices direct de cette mégamachine. Qu’ils sachent que nous sommes de plus en plus nombreux à nous en rendre compte.
