Hier tauschen wir uns frei aus, um die soziale Ökologie zu verstehen, zu hinterfragen und gemeinsam zu leben.
Neu: Die öffentlichen Bereiche der Agora sind nun ohne Registrierung zugänglich.
Sie können die Diskussionen einsehen, auf bestehende Themen antworten oder neue Gedanken unter der Bezeichnung „Gast“ einbringen. In diesem Fall werden neue Diskussionen vor der Veröffentlichung einer Freigabe unterzogen, um die Qualität des Austauschs zu gewährleisten und uns vor Bots zu schützen. Personen, die unter ihrem eigenen Namen oder einem dauerhaften Pseudonym Beiträge verfassen möchten, können sich ebenfalls kostenlos registrieren und ein Konto erstellen.
Die Agora ist ein Raum für Austausch, Reflexion und Forschung, inspiriert von der sozialen Ökologie und dem Kommunalismus. Ihr Ziel ist es, all jene zusammenzubringen, die zur Entstehung gerechterer, ökologischerer Gesellschaften beitragen möchten, die auf direkter Demokratie, gegenseitiger Hilfe und kollektiver Autonomie basieren.
Die beiden öffentlichen Bereiche – der eine französischsprachig, der andere englischsprachig (gemeinsam mit dem Transnational Institute of Social Ecology – TRISE) – sollen den Austausch von Erfahrungen, Ressourcen und Überlegungen zu den ökologischen, sozialen und politischen Herausforderungen unserer Zeit fördern.
Ob Sie Aktivist*in, Forscher*in, Student*in oder einfach nur neugierig auf diese Themen sind: Zögern Sie nicht, an den Diskussionen teilzunehmen oder eigene Themen anzusprechen. Lassen Sie uns gemeinsam einen Raum des Dialogs und des gegenseitigen Lernens schaffen, um Alternativen zu entwerfen und aufzubauen, die sich außerhalb staatlicher und kapitalistischer Strukturen behaupten können.
Agir et penser - Penser et agir.
Zitat von Steka am 8 November 2025, 15h39 UhrApporter quelques éclaircissements au très ancien conflit consistant à envisager comme antinomiques la pensée, la théorie, et l’action – l’agir direct dans le cadre du monde qui nous entoure dans l’espoir de pouvoir le changer. L’urgence contemporaine appelle à mettre un terme à cette vieille séparation qui dans ses fondements fait justement partie des problèmes qu’il nous faut résoudre et dépasser si nous voulons ouvrir d’autres horizons. Il n’y a pas dans la réalité présente, et telle qu’elle prétend s’imposer, de solutions toutes faites à ce problème qui exige pour envisager son dépassement de se poser déjà dans un au-delà des conditions existantes, dans un au-delà de la société capitaliste. Autrement dit, aucune idée ne peut mener en elle-même au dépassement des conditions existantes mais seulement au-delà des idées existantes sur ce qui est là dans l’époque présente. Cette démarche réflexive, qui se veut donc aussi être un moment de l’agir, cette praxis, ne peut donc que demeurer ouverte en se gardant de tout enfermement idéologique. Dire ce qui ne fonctionne pas, ce qui s’avère erroné, est souvent très mal perçu subjectivement alors que c’est pourtant en cette négativité exprimée que se dessine la possibilité du dépassement d’une positivité maintenant périmée, qui s’est retournée contre elle-même et qui a donc cessé d’être agissante. Appel donc à débattre sur cette question.
Apporter quelques éclaircissements au très ancien conflit consistant à envisager comme antinomiques la pensée, la théorie, et l’action – l’agir direct dans le cadre du monde qui nous entoure dans l’espoir de pouvoir le changer. L’urgence contemporaine appelle à mettre un terme à cette vieille séparation qui dans ses fondements fait justement partie des problèmes qu’il nous faut résoudre et dépasser si nous voulons ouvrir d’autres horizons. Il n’y a pas dans la réalité présente, et telle qu’elle prétend s’imposer, de solutions toutes faites à ce problème qui exige pour envisager son dépassement de se poser déjà dans un au-delà des conditions existantes, dans un au-delà de la société capitaliste. Autrement dit, aucune idée ne peut mener en elle-même au dépassement des conditions existantes mais seulement au-delà des idées existantes sur ce qui est là dans l’époque présente. Cette démarche réflexive, qui se veut donc aussi être un moment de l’agir, cette praxis, ne peut donc que demeurer ouverte en se gardant de tout enfermement idéologique. Dire ce qui ne fonctionne pas, ce qui s’avère erroné, est souvent très mal perçu subjectivement alors que c’est pourtant en cette négativité exprimée que se dessine la possibilité du dépassement d’une positivité maintenant périmée, qui s’est retournée contre elle-même et qui a donc cessé d’être agissante. Appel donc à débattre sur cette question.
Zitat von TerKo am 8 November 2025, 20h25 UhrMerci Steka, pour l'ouverture de ce sujet très important dans le sens ou nous y sommes fréquemment confrontés dans les divers collectifs, que nous côtoyons, qui parfois semblent privilégier l'un ou l'autre, voire même d'en exclure purement et simplement le Penser (sous prétexte que la théorie et l'analyse historique ne serait pas assez concrète).
A première vue, par simple intuition, j'ai comme l'impression qu'il ne faudrait pas opposer Agir et penser à Penser et agir mais d'en favoriser une sorte d'hybridation simultanée et permanente.
Enfin je vais y réfléchir et tenter d'apporter une contribution ici même dans quelques temps.
Merci Steka, pour l'ouverture de ce sujet très important dans le sens ou nous y sommes fréquemment confrontés dans les divers collectifs, que nous côtoyons, qui parfois semblent privilégier l'un ou l'autre, voire même d'en exclure purement et simplement le Penser (sous prétexte que la théorie et l'analyse historique ne serait pas assez concrète).
A première vue, par simple intuition, j'ai comme l'impression qu'il ne faudrait pas opposer Agir et penser à Penser et agir mais d'en favoriser une sorte d'hybridation simultanée et permanente.
Enfin je vais y réfléchir et tenter d'apporter une contribution ici même dans quelques temps.
Zitat von VTG am 13 November 2025, 9h09 UhrOui, merci Steka. C'est un grand sujet de débat, et peut-être qui a souvent donné lieu à de mauvais débats finalement. Mon sentiment est qu'une vision dualiste est forcément mal partie, par essence. L'action se nourrit forcément de pensée et la pensée doit être en lien avec l'action. On sera sans doute toutes et tous d'accord là-dessus.
L'argument, et c'est ce qui m'a motivé dans l'écriture de L'imaginaire au pouvoir, c'est que l'action a besoin d'une représentation préalable. On pèche aujourd'hui par une incapacité à s'imaginer vivre hors du modèle capitaliste/économie de marché, devenu seul horizon palpable. Je pense qu'on ne peut pas imaginer changer le monde sans avoir une piste ou une intuition de ce vers quoi on voudrait voir émerger à la place. D'où le besoin de retrouver des utopies, des projets, des idéologies même si on veut bien. On est plus forts, en terme de potentiel mobilisateur, si en plus de nos oppositions on a aussi une alternative à proposer à la place. Sinon d'autres décideront pour nous le chemin à suivre et beaucoup suivront. Par défaut.
Le risque reste malgré tout de faire émerger des modèles à suivre coûte que coûte, figés ou coupés de la réalité, alors qu'il faudrait que ces utopies/aspirations soient souples, changeantes, adaptables, sachant qu'elles ne se réaliseront pas comme on les a pensées. Une utopie pragmatique où la justesse de la pensée importe moins que ses valeurs et son potentiel rassembleur je dirais.
...et sinon peut-être aussi qu'il y a différents moments pour penser et/ou agir, et qu'on se réfugie facilement dans la pensée quand agir est devenu trop compliqué. Une façon d'ouvrir des brèches dans les imaginaires pour les voir ensuite faire le poids sur le terrain.
Oui, merci Steka. C'est un grand sujet de débat, et peut-être qui a souvent donné lieu à de mauvais débats finalement. Mon sentiment est qu'une vision dualiste est forcément mal partie, par essence. L'action se nourrit forcément de pensée et la pensée doit être en lien avec l'action. On sera sans doute toutes et tous d'accord là-dessus.
L'argument, et c'est ce qui m'a motivé dans l'écriture de L'imaginaire au pouvoir, c'est que l'action a besoin d'une représentation préalable. On pèche aujourd'hui par une incapacité à s'imaginer vivre hors du modèle capitaliste/économie de marché, devenu seul horizon palpable. Je pense qu'on ne peut pas imaginer changer le monde sans avoir une piste ou une intuition de ce vers quoi on voudrait voir émerger à la place. D'où le besoin de retrouver des utopies, des projets, des idéologies même si on veut bien. On est plus forts, en terme de potentiel mobilisateur, si en plus de nos oppositions on a aussi une alternative à proposer à la place. Sinon d'autres décideront pour nous le chemin à suivre et beaucoup suivront. Par défaut.
Le risque reste malgré tout de faire émerger des modèles à suivre coûte que coûte, figés ou coupés de la réalité, alors qu'il faudrait que ces utopies/aspirations soient souples, changeantes, adaptables, sachant qu'elles ne se réaliseront pas comme on les a pensées. Une utopie pragmatique où la justesse de la pensée importe moins que ses valeurs et son potentiel rassembleur je dirais.
...et sinon peut-être aussi qu'il y a différents moments pour penser et/ou agir, et qu'on se réfugie facilement dans la pensée quand agir est devenu trop compliqué. Une façon d'ouvrir des brèches dans les imaginaires pour les voir ensuite faire le poids sur le terrain.
Zitat von TerKo am 24 Januar 2026, 23h29 UhrJe me permets d’apporter un élément de réflexion à partir de la lecture récente de La Grande Fédération de Pierre Bance, qui me semble éclairer très directement ce débat — sans chercher à le clore.
Ce que montre Bance, c’est que le problème n’est pas tant d’opposer agir et penser (opposition stérile, on en conviendra toutes et tous), que de comprendre pourquoi leur dissociation conduit presque systématiquement à l’échec des dynamiques émancipatrices.
D’un côté, l’agir sans pensée institutionnelle mène souvent à l’épuisement, à la récupération ou à la répression. De l’autre, la pensée sans ancrage pratique se fige, se marginalise ou devient une posture critique sans prise réelle. Bance ne hiérarchise pas ces deux dérives : il les analyse comme les deux faces d’un même problème.
Sa proposition est alors très claire et somme toute similaire à la nôtre : ce qui manque le plus souvent, ce n’est ni la volonté d’agir ni la capacité de penser, mais une praxis politique instituante, c’est-à-dire une articulation vivante entre réflexion, expérimentation, auto-organisation et mise à l’épreuve collective dans la durée.
Cela rejoint fortement ce qui a été dit plus haut sur la nécessité d’un imaginaire, d’une représentation préalable, d’une utopie pragmatique. Mais Bance pousse, à mon sens, la réflexion plus loin : il montre que les surgissements (révoltes, bascules, brèches imprévues) existent toujours — et surgiront encore — mais qu’ils ne peuvent trouver appui, s’amplifier et durer que si un travail de fond a déjà été mené en amont : formes d’autonomie, démocratie directe, autogestion, fédération, contrat social, droits et libertés explicitement pensés… et surtout déjà partiellement expérimentés par le mouvement porteur de cette émancipation. Dans son analyse, le mouvement pour la démocratie directe pourrait précisément jouer ce rôle, du fait de son fort potentiel fédérateur, lié autant à son ouverture qu’à l’intitulé même qu’il porte — un intitulé immédiatement lisible et parlant pour beaucoup de personnes, bien davantage que des notions comme l’écologie sociale ou le communalisme, qui supposent le plus souvent une explicitation, voire une formation préalable, et un certain niveau de familiarité ou de conscience politique.
Ces clarifications et formations resteront évidemment nécessaires et indispensables, mais elles peuvent intervenir dans un second temps, lorsque le mouvement aura déjà gagné en ampleur, en forces et en moyens, et sans constituer un prérequis pour entrer, participer et faire mouvement. C’est là, me semble-t-il, un choix stratégique assumé chez Bance : fédérer d’abord largement autour d’un horizon compréhensible, pour ensuite approfondir collectivement les contenus, les pratiques et les cadres émancipateurs.
Autrement dit, penser n’est pas ici un préalable abstrait à l’action, ni l’action une simple mise en œuvre de la pensée : les deux sont déjà imbriqués dans une praxis réflexive, locale et fédérale, qui se corrige, se transforme et s’institue en marchant.
De ce point de vue, La Grande Fédération apporte, me semble-t-il, des outils très concrets pour dépasser la vieille alternative penser ou agir, et pour poser une question plus exigeante : comment préparer dès maintenant les formes politiques capables de soutenir les surgissements à venir, plutôt que de les voir retomber ou se faire récupérer ?
Il y a là, à mon sens, une matière très féconde pour prolonger ce débat, y compris en interne à l’Atelier — peut-être dans notre rubrique Stratégie, ou pourquoi pas à travers un Manifeste communaliste ? héhéhé 😉
Je me permets d’apporter un élément de réflexion à partir de la lecture récente de La Grande Fédération de Pierre Bance, qui me semble éclairer très directement ce débat — sans chercher à le clore.
Ce que montre Bance, c’est que le problème n’est pas tant d’opposer agir et penser (opposition stérile, on en conviendra toutes et tous), que de comprendre pourquoi leur dissociation conduit presque systématiquement à l’échec des dynamiques émancipatrices.
D’un côté, l’agir sans pensée institutionnelle mène souvent à l’épuisement, à la récupération ou à la répression. De l’autre, la pensée sans ancrage pratique se fige, se marginalise ou devient une posture critique sans prise réelle. Bance ne hiérarchise pas ces deux dérives : il les analyse comme les deux faces d’un même problème.
Sa proposition est alors très claire et somme toute similaire à la nôtre : ce qui manque le plus souvent, ce n’est ni la volonté d’agir ni la capacité de penser, mais une praxis politique instituante, c’est-à-dire une articulation vivante entre réflexion, expérimentation, auto-organisation et mise à l’épreuve collective dans la durée.
Cela rejoint fortement ce qui a été dit plus haut sur la nécessité d’un imaginaire, d’une représentation préalable, d’une utopie pragmatique. Mais Bance pousse, à mon sens, la réflexion plus loin : il montre que les surgissements (révoltes, bascules, brèches imprévues) existent toujours — et surgiront encore — mais qu’ils ne peuvent trouver appui, s’amplifier et durer que si un travail de fond a déjà été mené en amont : formes d’autonomie, démocratie directe, autogestion, fédération, contrat social, droits et libertés explicitement pensés… et surtout déjà partiellement expérimentés par le mouvement porteur de cette émancipation. Dans son analyse, le mouvement pour la démocratie directe pourrait précisément jouer ce rôle, du fait de son fort potentiel fédérateur, lié autant à son ouverture qu’à l’intitulé même qu’il porte — un intitulé immédiatement lisible et parlant pour beaucoup de personnes, bien davantage que des notions comme l’écologie sociale ou le communalisme, qui supposent le plus souvent une explicitation, voire une formation préalable, et un certain niveau de familiarité ou de conscience politique.
Ces clarifications et formations resteront évidemment nécessaires et indispensables, mais elles peuvent intervenir dans un second temps, lorsque le mouvement aura déjà gagné en ampleur, en forces et en moyens, et sans constituer un prérequis pour entrer, participer et faire mouvement. C’est là, me semble-t-il, un choix stratégique assumé chez Bance : fédérer d’abord largement autour d’un horizon compréhensible, pour ensuite approfondir collectivement les contenus, les pratiques et les cadres émancipateurs.
Autrement dit, penser n’est pas ici un préalable abstrait à l’action, ni l’action une simple mise en œuvre de la pensée : les deux sont déjà imbriqués dans une praxis réflexive, locale et fédérale, qui se corrige, se transforme et s’institue en marchant.
De ce point de vue, La Grande Fédération apporte, me semble-t-il, des outils très concrets pour dépasser la vieille alternative penser ou agir, et pour poser une question plus exigeante : comment préparer dès maintenant les formes politiques capables de soutenir les surgissements à venir, plutôt que de les voir retomber ou se faire récupérer ?
Il y a là, à mon sens, une matière très féconde pour prolonger ce débat, y compris en interne à l’Atelier — peut-être dans notre rubrique Stratégie, ou pourquoi pas à travers un Manifeste communaliste ? héhéhé 😉